5 juillet 2017

FRONTIÈRES – Résumé – FRONTIERES-FRATERNITE-FIDELITE

Le nomadisme a été la forme première sous laquelle les populations se sont répandues sur la Terre depuis trente cinq à quarante mille ans, nous disent nos connaissances actuelles.

L’esprit de l’humanité s’est donc configuré, organisé et sédimenté sur la base de cette longue histoire, si courte finalement en regard de la durée de l’univers et de ses milliards d’années.

Les populations se sont d’abord réunies, toujours selon ce que nous en savons aujourd’hui, en groupe de proximité et d’entr’aide, pour évoluer vers la constitution de clans, puis de peuples. L’organisation de l’habitat est devenue utile et des périmètres ont été délimités pour préciser les contours des hameaux, des villages, et des villes. La sédentarisation dessinait des limites en fonction de la géographie et des ressources des lieux aptes à répondre à des besoins.

L’humanité, corps, coeur et âme, se partageaient les taches du quotidien, pour répondre à des besoins de la vie que la mort, seule et unique nécessité pour tous, menaçait. Ils expérimentaient l’égalité d’un destin, le même pour tous, mais en toute différence de possibilité, d’âge et de sexe. La condition humaine, et elle seule, est en charge de la Parole.

L’humanité sait dire qu’elle est adossée à la mort et chaque peuple a élaboré sa langue de manière très particulière ; c’est un patrimoine immatériel précieux. En contre poids de destin, le triomphe de la vie est son objectif incontournable.

Si la frontière est tangible individuellement, sensible d’une maisonnée à l’autre, organisée autour des clans puis des villes, puis de territoires élargis, elle est devenue indispensable pour sanctuariser des mouvements scientifiques de recherche et de réflexion. Les facultés, les universités ont leurs frontières. Et plus tard dans le temps, les religions et les Églises ont édifié les leurs.

L’esprit humain est structuré en fonction de cet héritage. La sédimentation des apprentissages, génération après génération, se transmet dans un mouvement continu. Le terreau sur lequel l’évolution se déroule est le fait de l’intelligence collective qui donne lieu ici ou là à des innovations, des découvertes mises au service de tous.

La sanctuarisation de ces acquisitions dans des frontières précises a été nécessaire pour développer les conditions aptes favoriser les découvertes. En même temps l’esprit de fraternité, inventif, pouvait contrebalancer l’esprit de conquête qui s’est dangereusement développé à partir du moment où la hiérarchie des valeurs s’est figée dans la personne des chefs religieux, des rois et des empereurs, les césars romains faisant modèle pour les princes qui suivraient. Le monde de l’économie puis celui de la finance, sont devenus le champ clos privilégié des affrontements violents le plus fort étant le plus riche.

Nous en sommes à devoir gérer des frontières, celles des uns en charge de sécuriser celles des autres, respectueusement. Le travail qui nous échoit, entre nomadisme culturel et sédentarité organique va être la grande affaire du millénaire qui commence. Le triomphe de la vie est ce qui anime la condition humaine depuis le début des temps, sans oublier que le bien et le mal, étroitement imbriqués, dansent toujours ensemble.

Cet essai romancé fait la part belle aux choses de la vie en renouvelant un savoir à la fois conscient et inconscient sur ce mouvement ascendant, en spirale, qui nous anime depuis la nuit des temps, dont nous pouvons témoigner par la parole, dont acte dans ce trop court récit.