Mercredi 1er Novembre 2017

Samhain. Le nouvel an celtique.

La Catalogne vient de déclarer son indépendance.

Les plateaux de télévision et les émissions politiques trébuchent. Le jacobinisme y fait sa loi. Les fanatiques de l’état étatique autoritaire et unitaire jettent tous leurs feux dans la bataille des mots et des arguments. Ils patinent, démagogie outrancière à l’oeuvre. La liberté 1968 est re-accusée d’avoir semé le trouble dans les esprits. Nous y avions re-appris l’insoumission (= l’un sous mission).

Curieusement je renais à l’espoir. Quelque chose se passe que personne n’ose encore voir.

Personne ? Pas si sûr.

Les femmes brandissent les drapeaux de la révolte. Leur soumission à l’hégémonie du masculin s’achève. Les « balance ton porc » sur les tweet envahissent le monde entier.

La civilisation avance à l’insu de tous. Les idées s’envolent en spirale autour des mêmes problèmes que toujours, le sexe et la différence, la domination et la soumission, la révolte et l’adhésion, l’égalité et la justice.

Nous sommes tous destinés à la mort, dans tous les cas de figure, nous subirons sans aucun recours l’unique et ultime échéance : les chemins de la vie mènent droit au tombeau. C’est comme ça et chacun seul, un par un, essaie de s’en débrouiller. Et chacun avec les autres, fraternellement unis par le même sort ultime, travaille avec plus ou moins de pertinence au triomphe de la vie.

Ou bien, comme Caïn, il tue son frère. Tuer = tu es ? Ce que les mots nous font dire me laisse tellement étonnée …

Lorsque j’ai le coeur à la facétie, je dis que Caïn tue un mort en sursit … comme pour en maîtriser le destin ? Le méchant tue le gentil. Après il survit, poursuivi par le remords, il ne sait plus où se mettre, ni où se cacher. Il enrage ? C’est très bête. Ou bien je ne le comprends pas.

Nous sommes souvent très bêtes. Plus que les bêtes elles-mêmes sans doute. Mais, depuis le début des temps, nous sommes comme aspirés en spirale par un espoir inspiré de nos malheurs à répétition.

La spirale s’affaisse et tourne parfois longtemps en rond, sur la différence des sexes par exemple ; depuis la guerre des sexes initiée par les dieux antiques de l’Olympe, pour finir par l’invention d’une autorité phallique divinisée, l’homme masculin construit une pyramide autoritaire descendant d’un Dieu à son fils, puis à son pape, à ses prêtres et à des chefs finalement démultipliés et diversifiés en autant de petits chefs dominant femmes et populations soumises ; D’un grand chef à de nombreux petits chefs de plus en plus nombreux, de plus en plus petits, risibles et dérisoires, chacun est certain de son droit à dominer les « faibles » en se débrouillant pour les forcer à s’agenouiller. Consentants. Platement.

Inhumainement. Avant une nouvelle révolte … car les malédictions de la soumission provoquent les révolutions.

Et il y a le Dieu argent. L’économie a pris le pouvoir sur les esprits. Les panneaux publicitaires dénudent les femmes, elles sont à vendre et à acheter. Les films pornographiques envahissent les écrans. La sexualité sert d’appât. Finalement perdu, et enragé, et sans doute dégoûté, ici ou là, un homme tue sa femme, cet homme humilie les femmes ; l’homme s’autorise-t-il à punir les femmes qui participent de cette soumission à l’argent et aux plus bas instincts ? Les hommes veulent-ils donc que les femmes leur soient soumises sous peine de mort? Que pensent-ils de leurs mères ? Sont-ils coincés entre vouloir les vénérer pour pouvoir honorer les ventres d’où ils sortent et vouloir utiliser leurs pénis à tout va, efflorescence sublimée par une incompréhensible érection ? Là, précisément, je n’y comprends rien, autant l’avouer.

Mais je vois bien que l’homme Emmanuel Macron, notre Président a été élu pour renverser

la table. C’est lui le jeunot, par rapport à sa femme ! Et le résultat que les journalistes ne voient pas, c’est qu’après avoir si longtemps abusé du système à leur avantage, les partis politiques se remettent enfin au travail. Et les femmes s’y font une place. Les éléphants de la « gauche » auront beau barrir leurs invectives, les rétros-machos et autres vilains rhinocéros de droite, vont désormais devoir s’y faire. Les femmes et les hommes, les intelligences des deux sexes de tous les bords sont en train de se retrouver pour réorganiser les institutions. Nous allons vers demain.

Il sera essentiel de tenir compte des besoins réels des gens, économie, culture, identité, respect des différences, souci d’égalité, justice et liberté.

Je vois bien que cette époque est foisonnante. Je vois bien que les progrès techniques nous bousculent, je vois bien que les faux prophètes et les démagogues aiguisent des arguments défensifs, prêts à les imposer, sans doute par les armes en cas de besoin ; je vois bien que les pacifiques résistent à l’affrontement tels les catalans qui réclament leur liberté d’être ce qu’ils sont dans des frontières historiques qui pourraient se sécuriser des frontières des pays voisins, en toute fraternité et amitié, au sein d’une Europe à laquelle on demande d’aider les peuples à se débarrasser de leurs états liberticides.

Mon idée est que nous vivons une nouvelle apocalypse et qu’il en surgira des temps plus pacifiques en raison des armes de destruction massive dont nous disposons. Ou bien nous anéantirons notre planète, ce qui n’est pas exclu. Ou bien nous consacrerons nos efforts à construire la Paix. Il y a déjà eu des essais et nous pouvons nous en inspirer. Je pense à Bouddha, Confucius, Lao Tseu, Gandhi, Mandela … Je pense à des contemporains comme Pierre Rabbhi avec ses colibris, et à des oubliés comme Proudhon sans doute, pour ce que je m’en rappelle. Et je pense à ces « Mille Révolutions Tranquilles » qui font l’objet d’un ouvrage paru aux éditions LLL.

Pour l’instant je fête Samhain, le nouvel an celtique, qui inaugure la paix du soir, les longues veillées d’hiver sous nos climats européens, la renaissance à un autre cycle après la mort de la vieille année qui a vu la fin des récoltes et des moissons. La quiétude et le repos précèdent la bascule attendue quand les jours rallongeront à partir de la fête de la lumière, Noël et ses splendeurs.

La vie est une chose étrange. Un Dieu se cache-t-il derrière cette activité de l’immortel boson, cette particule ultime récemment découverte qui constitue tout ce qui existe, nous y compris ? Mystère ! Les Celtes, des Européens, disaient « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Et voilà que nous découvrons que tout procède du boson, sans fin, partout. Les celtes européens ont été des scientifiques avant l’heure. Réfléchissons y. Ce n’est pas rien.

Rappelons-nous : Ils ont observé les étoiles durant des millénaires, ils en ont reproduit le trajet dans toute l’Europe avec les « dolmen » et les « menhir » ; ils ont pu ensuite élaborer le précieux calendrier de Coligny, très savamment. Et depuis l’Europe a été le théâtre de découvertes de plus en plus nombreuses et élaborées. Le CERN et l’ASE en sont les fleurons actuels.

Comme souvent désormais je me demande ce que parler veut dire, essentiellement du point de vue du travail des bosons. Créateur, le boson l’est, nous disent nos savants Messieurs Brout Higgs et Englert. Quelles paroles, apanage de la seule humanité, retient-il ? La parole s’échappe de nous, de la matière, elle s’envole, telle la musique qui emporte nos émotions au delà des mots. Elle a parfum d’immortalité. Savons nous assez ce que parler veut dire ? Savons nous distinguer entre le bruit des mots et leur sens ? De quoi avons nous conscience quand nous parlons, quand nous chantons, quand nous lisons, quand nous écrivons ? Et quand les mots nous manquent ?

J’écris. Je médite, C’est l’heure et l’hiver sera long…

Colette TRUBLETCommentaire