Samedi 3 Juin 2017

- OUI LA BRETAGNE –

UN VENT NOUVEAU :

Je ne sais pas vous, mais moi je sens qu’un vent nouveau se lève qui va emporter sur son passage de vieilles habitudes et des manières jacobines (très centralisées à Paris) d’organiser la vie politique hexagonale avec les conséquences qu’elle a sur nous.

Il faut souffler vite et fort avec ce vent nouveau.

L’élection d’Emmanuel Macron nous montre le « ras le bol des électeurs » qui ne veulent plus des vieux partis. Le remue-méninges est en route. J’ai envie d’en profiter parce que ça risque de ne pas durer et parce qu’il y a urgence à prévoir ce que nous souhaitons voir se réaliser, après des décennies d’attentes déçues.

Qui allons-nous envoyer à Paris, qui ne deviendra pas parisien dès qu’il aura franchi notre frontière au péage de la Gravelle ?

Donc je me suis demandé ce que je veux intensément, sans espoir jusqu’à présent.

LA RÉUNIFICATION DE LA BRETAGNE :

Nous ne sommes pas une région, nous sommes un pays. Nous sommes des vaincus de l’histoire au bénéfice des mouvements jacobins qui s’honorent d’avoir voulu faire l’UNITÉ de la France et qui pour ce faire nous ont dépossédés de notre existence politique; nous avons été obligés de devenir des citoyens de la République française. Au lieu de fraterniser avec nous et de fédérer les pays de l’hexagone, les rois de France ont voulu nous vaincre, nous assimiler, puis nous digérer. Nous avons été sacrifiés sur l’autel de l’Unité française. Au prétexte que l’Union fait la force.

De quoi s’agit-il ? De fil en aiguille, il va peu à peu s’agir de la force et de la puissance de l’argent, évidemment. La Richesse des uns venant de la pauvreté des autres, le système politique royal ou républicain jacobin est pyramidal au service de la finance. D’aucuns voudraient peut-être confier leur destin à un Roi du monde, j’allais dire un roi du pétrole.

Je m’égare Nous voilà donc naturellement exploités moyennant quelques compensations et un traitement dit égalitaire avec les autres vaincus. Les jacobins sont devenus les rois de la richesse concentrée en région parisienne, puis dans les poches de quelques privilégiés. Nous savons tout sur les conflits d’intérêts qui, actuellement, colonisent le monde entier. Nous savons que 50% de la richesse mondiale est détenue par HUIT personnages seulement, ils étaient dix l’année dernière. C’est ce qu’on appelle « faire de l’UN » C’est à dire faire UN chef,

UNE obéissance, UNE soumission à l’UN.

Et j’ai souvent évoqué « les malédictions de la soumission » Nous pouvons désormais comprendre pourquoi il faut re-organiser la vie politique. Il faut de la diversité avant de faire obéir tout le monde à UN chef et à sa chefferie.

AUTREMENT, DIVERSITÉ ET UNION :

Il ne faut jamais perdre de vue des choses essentielles :

- Le bien et le mal dansent toujours ensemble. (Le malheur des uns fait le bonheur des autres selon un vieil adage)

- L’Union « du bien » fait la force, elle est celle qui soulève des montagnes ; Si l’union « du mal » devient l’Unité Indivisible, elle détruit tout sur son passage. Sachons faire la différence.

D’autre part,

- Notre condition humaine nous a donné la parole. La politique va donc consister à entendre cette parole qui vient des individus et des sociétés tant historiques qu’actuelles.

Nous ne sommes pas que les individus d’un moment, d’une actualité. Nous avons des ancêtres et nous avons des enfants. Nous avons un devoir présent de faire le pont entre passé et avenir et d’éterniser un présent créatif le plus heureux possible.

La politique est aussi indispensable que l’éducation.

L’AUTONOMIE DE LA BRETAGNE

Je me suis demandé pourquoi, nous les Bretons sommes différents des Français ? Pourquoi sommes-nous reconnaissables partout où nous allons. Comme les Juifs qui ne peuvent pas ne pas être juifs, les Bretons ne peuvent pas ne pas être Bretons.

Je m’explique : Quand nous voyageons, nous sommes repérés à cause de certains traits de caractère, tout comme d’autres peuples marqués par leur histoire, leur géographie, leur langue, leur culture. Moi, qui croyais être française, j’ai appris tardivement que j’étais bretonne durant mes études à Paris.

Alors ! Qu’est-ce que veut donc dire : être Breton ?

Cette question m’accompagne. J’ai cherché, j’ai essayé d’oublier, j’ai erré. J’ai lu. Beaucoup de personnes de ma génération ont puisé dans le titre du livre de Morvan Lebesque « Comment peut-on être Breton ? » une invitation pressante et vitale à aller y voir, pour y comprendre quelque chose.

Après tout, nous parlons français, nous avons des amis, des parents en France, nous sommes devenus des citoyens aussi français que tous les autres et notre aspect n’est guère différent de tous les autres en Occident, et qui plus est jusqu’au Moyen Orient.

Pourquoi La Bretagne nous tient-elle tant au coeur au point que des angoisses de mort nous submergent quand La France de Pétain mutile notre territoire, quand La politique française nous refuse nos langues, notre histoire, notre géographie, notre télé, nos journaux, et jusqu’à nos prénoms bretons il y a encore peu de temps ? Nous n’avons pas droit à faire des choix tels ceux concernant nos côtes, notre littoral, notre vocation maritime. Nous sommes dépossédés et colonisés. Paris décide, Paris fait la pluie et le beau temps chez nous.

C’est un casse-tête pour chacun de nous qui avons des amis, des collègues, des parents à Paris, ou partout en France, nous voilà tiraillés entre affection, intérêt et humiliation.

Mais pourquoi ?

C’EST UNE LONGUE HISTOIRE

Il y a eu différentes étapes. Mais il va falloir oser penser hors système actuel, qui est entièrement référencé à ses propres thèses par la sacro sainte université française. (Ce qui ne lui enlève rien de sa valeur). Il nous faut sortir du cadre.

Nous devons revisiter notre passé le plus lointain, celui mis en mémoire sous nos yeux. Il y a eu :

LA CIVILISATION EUROPÉENNE DES MÉGALITHES : Ils ont étudié le ciel et les étoiles, ils ont érigé une carte du ciel sur terre en élevant les monuments mégalithiques. Les Gaulois leur ont succédé et nous ont donné en héritage le calendrier de Coligny en continuité et en résumé de plusieurs millénaires d’études et de réflexion. Ensuite Ils ont pensé la démocratie dans la même période que les Grecs avec lesquels ils avaient quelques affinités, peut-être. Ils ont été vaincus sur la terre de leurs ancêtres par les romains qui pensaient la politique en termes de conquêtes et de soumission. Dans la foulée, (je m’avance sur un terrain qui reste à explorer davantage), les Egyptiens ont lancé la mode du Dieu unique, Râ, figuré par le soleil entouré de sa cour d’étoiles ; dans les mêmes périodes le peuple juif naissait au Sinaï où Moïse a vu un Dieu unique dans le feu, cet autre soleil descendu sur terre. Mais, comme les Celtes de la même époque il affirmait une même vérité que depuis toujours : « Dieu est INCONNAISSABLE ». Ça s’enchaîne même si ça peut paraître scandaleux. Et puis c’est trop vite dit, mais je vais à « la cause des causes » sans passer par les écluses de la connaissance.

LE BARZAZ BREIZ

Et nous alors, Bretons de Bretagne de quoi avons nous hérité ? Il y a dans le Barzaz Breizh un poème qui dit l’essentiel. Il met en scène un Druide qui instruit un enfant. Et il dit, en substance : Pas de commentaire sur le nombre UN :

« La nécessité UNIQUE, le Trépas, Père de la douleur ; rien avant, rien de plus » Comment ne pas voir que chez nous, les héritiers des Celtes, ce qui résiste à tout, en bien comme en mal, c’est ce rapport à la mort, l’unique nécessité à laquelle la condition humaine est soumise. Chez nous faire de l’UN comme le veut la politique de la république française une et indivisible, C’EST FAIRE DE LA MORT … La seule nécessité universelle… Logique !

Nous sommes donc des INSOUMIS mais chacun de nous est UN SOUS MISSION, un par un … Et cela ne s’arrête pas là. La mort nous individualise absolument. Et elle n’épargne personne. C’est ce qui nous donne paradoxalement du goût pour le TRIOMPHE DE LA VIE.

C’est ce qui nous donne la force de résister à toutes les manoeuvres d’absorption, de digestion, d’anéantissement. Nous sommes donc UN par UN devant la vie comme devant la mort mais nous sommes tous ensemble d’accord pour faire triompher la vie. Cela se traduit le souci de l’intégrité de notre territoire, qui est comme un écrin dans lequel nous sommes habitués à durer obstinément. En même temps nous savons que nous sommes des passants d’une terre héritée qui nous donnent le goût de la créativité, des voyages, des espaces infinis, et de nos anciennes et futures métamorphoses.

Tous pareillement adossés à la mort, mais un par un, nous sommes devenus têtus, accrochés au triomphe de la vie. Individualistes, donc, mais profondément accordés sur les victoires de la vie.

BRETON, CELTE ET EUROPÉEN

Qui dit que l’Europe n’est pas encore et toujours marquée par l’épopée celtique ? Les Celtes, pour l’heure identifiables dans les sept pays celtiques, sont disséminés sans volonté hégémonique partout dans le monde. Ils sont porteurs d’un phare qui souligne la nécessité unique, la mort, comme condition première d’une fraternité universelle autant individualisée qu’incontournable, toujours active et partout vitale.

La politique est l’art de la parole qui organise la vie au jour le jour. La cascade des conséquences qui a découlé du changement de référence ultime, en glissant de la nécessité unique, la mort, à la divinité qui promet la vie éternelle, a organisé, en politique, un renversement de position par rapport au bien et au mal. La mort, pour un croyant, n’est plus qu’un passage vers la félicité. Les croyants soumis à Dieu et à ses envoyés vont accepter de faire mettre à mort les mécréants et les infidèles. C’est un processus qui dure encore.

Il faut faire très attention à la parole. Elle nous met en action sur des projets dont nous ne voyons pas l’ampleur. Une réflexion au dessus des temps écoulés nous permet de comprendre l’importance d’une parole politique qui organise depuis la nuit des temps la vie des peuples.

LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ET L’EUROPE

Alors faisons de la politique à partir de « Ni Hon Unan » = Nous, tels qu’en nous-mêmes. Ce signe : nhu est poétique, et mal traduisible en français ; son graphisme même est harmonieux.

Je dis à Monsieur Ferrand que si la République Française des assassins de la Terreur nous a férocement décimés et abêtis, à la suite des rois absolus français, sacrés par Dieu, nous avons sauvé une intelligence collective des choses de la vie. Même si vous nous prenez pour des demeurés, je vous invite à prendre acte de notre mémoire et de notre intelligence des choses de la vie. Je vous invite à puiser dans nos réserves culturelles et linguistiques et à partager avec nous les enseignements celtiques qui pourraient bien cimenter nos raisons du coeur pour construire l’Europe. Pourquoi ne voyez-vous pas que les Bretons, les Irlandais, les Ecossais et tous les Celtes manifestent plus que les autres leur appartenance à l’Europe ? On peut penser que deux millénaires de guerres fratricides n’ont pas effacé notre aspiration à la fraternité universelle née de l’incontournable nécessité qu’est la mort.

Laissez-nous vivre tels qu’en nous-mêmes. Que nos frontières nous soient restituées, que les frontières des autres pays de l’hexagone et des autres peuples d’Europe sécurisent réciproquement toutes les autres. Tous les mouvements actuels marchent irrésistiblement vers plus d’autonomie, les pays se re-personnalisent face à la mondialisation. La démocratie de proximité nous aidera à vaincre les malédictions de la soumission à des chefs, ceux semblables à Monsieur Trump qui pratique l’humiliation. Et le fédéralisme nous permettra une fraternité entre nos peuples, nos pays, en Europe puis peu à peu, dans le monde. Peutêtre.

Nous savons tous que le bien et le mal dansent toujours ensemble et notre effort consiste à faire en sorte que le bien essaie de mener la danse, depuis la nuit des temps. L’invention d’un Dieu unique, politique, a enfumé l’humanité en lui donnant à espérer qu’un guide religieux la conduirait à la vie éternelle puis que des guides politiques sauraient faire alliance avec lui pour conduire le troupeau. Ça ne marche pas comme ça … Deux mille années soumises aux religions politiques nous ont largement démontré l’inefficacité de ce système.

Mais les religions ont quand même découvert l’amour et la morale. Ne jetons pas le Bébé avec l’eau du bain.

LA VOCATION DE L’EUROPE : LA PAIX

Je voudrais dire plus personnellement à Monsieur le Président de la République, Emmanuel Macron, tellement capable de faire « bonne et juste autorité » face à Monsieur Poutine ou a Monsieur Trump, que son attitude nous a fait du bien, ça sonnait juste, fort et mesuré. Et c’était resté respectueux. Cette dynamique-là peut aller dans le sens de pouvoir ré-amarrer l’Europe à sa vocation.

Enracinée dans la « cause des causes » qu’est cette nécessité unique, la mort, à laquelle aucun de nous ne peut échapper, l’Europe peut appuyer sa reconstruction sur sa vocation devenue évidente après les deux dernières guerres mondiales.

C’est d’ailleurs le sens de l’histoire qui se manifeste profondément partout avec les initiatives qui se démultiplient autour des nécessités de l’écologie et de la quête du plaisir de vivre, de l’épanouissement personnel et du sentiment de fraternité universelle.

EN MARCHE

Nous le sommes tous, et jusqu’à notre insu. Je forme des voeux pour que le mouvement réussisse. Et je voterai pour le parti « OUI, LA BRETAGNE », appelé à rassembler nos voix, pour exister dans l’hexagone en toute dignité et intégrité. Et si nos députés ne sont pas immédiatement digérés par le parisianisme politique dès leur arrivée au parlement, comme avant eux tous les autres, nous pourrons continuer à exister en toute différence, égalité et fraternité avec les pays de l’hexagone et de l’Europe et de proche en proche, avec le monde entier.

- Triomphe et métamorphoses de la vie - Illustration tirée d’un document d’artistes bretons les « seizhBreur »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Colette TRUBLETCommentaire