Samedi 8 Avril 2017

Suis-je victime des mes habitudes ? Il y a eu une très longue émission/télé qui regroupait les onze candidats. Je suis passée des chaines 1,2,3,5,7 sans trouver l’émission annoncée. J’ai cru que je m’étais trompée de jour, ou d’heure. Finalement, j’ai pensé à me brancher sur BFM/TV et j’ai suivi les trois heures restantes du débat.

Dans un premier temps j’ai trouvé crispantes les interventions des deux journalistes chargées de maintenir le débat dans les thèmes choisis à l’avance. Sportif ! Finalement, recadrées par les candidats, elles ont lâché du lest et eux sont restés dans les clous. A partir du moment où j’ai aussi accepté les limites du jeu (du je ???), j’ai trouvé le débat intéressant. Mis à part les candidats favoris de la droite extrême et de l’extrême droite, tous avaient des choses à dire.

Je me pose des foules de questions.

Techniquement ce genre de débat se heurte à des limites de faisabilité. J’aurais aimé en savoir davantage sur les projets des uns et des autres. Les recevoir un par un à la télé est une bonne solution, les mettre dans l’arène en concurrence les uns avec les autres ou encore seul face à divers interlocuteurs est aussi très intéressant.

Mais quand il faut inclure tout ça dans un emploi du temps, c’est un peu compliqué. Il y faut du volontarisme. Nous sommes à un moment important de la vie publique. La faillite du système précédent est évidente. Nous avons un dévoiement de la cinquième république, avec ses insuffisances, ses dérives, la confiscation du bien public tant culturel et écologique qu’économique, au bénéfice de la finance mondialisée prédatrice et dangereuse.

Le pouvoir médiatique et politique tout entier est désormais aux mains d’un condensé insensé et hiérarchisé des quelques technocrates que nous élisons bêtement scrutin après scrutin ; nous savons pourtant qu’ils sont soumis à l’impuissance par la mondialisation des lois du capitalisme et qu’ils nous conduisent dans le mur. Nous connaissons ceux qui jouent ou qui ont joué avec leurs privilèges au détriment du bien public. Ils se sont largement servis sur nos impôts et les ont, toujours plus, augmentés ; ils ont mis en place un système de privilèges et de prébendes qui les exclut de l’ensemble des citoyens.

Nous sommes contraints, si nous voulons sauver la vie sur la planète, à un devoir d’insoumission à des règles qui nous mettent en danger.

Nous le savons. Mais que faire ?

Agir dans nos quartiers, villes et villages, pays et régions, dans les associations diverses qui nous offrent des choix variés à l’infini. S’entr’aider, apprendre la fraternité, sont deux choses plus difficiles à réaliser dans la proximité des quotidiennetés désagréables que dans un coup de coeur élargi à la terre entière. On ne peut vivre que dans un seul endroit à la fois…Pourtant, ça, c’est fait et c’est en cours. Ça demande de la vigilance au quotidien et c’est la vie.

Ensuite, s’informer, détecter dans le fatras et l’enchevêtrement des informations « la cause des causes » des malheurs qui nous frappent. Tel un microbe qui nous rend malades, telle loi, tel règlement, ou tel amendement nous dépouille, ou nous asservit, s’il ne nous protège pas.

Ici, en général, l’enfumage est maximum, il faut être vigilant..Là, il va falloir détecter tout ce qui est de l’ordre du conflit d’intérêt. Le CONFLIT D’INTÉRÊT est TOUJOURS source d’abus. Au départ il y a les élus qui s’entendent pour voter l’augmentation du montant de leurs rémunérations. Ensuite il y a les lobbies, qui jouent un double jeu : bénéficier de l’appui des élus pour voter lois et amendements qui permettent d’empoisonner les populations avec certains médicaments (les laboratoires Cervier) ou les produits agricoles (Monsanto) ou l’industrie du tabac etc… Nous connaissons tous des personnes concernées.

Ceux-là écrasent et asphyxie les génies individuels qui font des découvertes impossibles à exploiter sans soutien et sans moyen. Il y a des petits génies qui essaient obstinément d’utiliser les énergies renouvelables, l’air, les courants, le vent et l’eau. Ils sont empêchés par les intérêts des grands groupes exploiteurs des énergies sales qui mettent en danger la vie sur la Terre. C’est un dommage, qui est incalculé et sans doute incalculable.

Donc, sans alourdir le propos plus que de raison pour bien choisir notre candidat, nous avons deux outils : la fraternité (la bienveillance) et (tout autant indispensable) la méfiance.

Et enfin nous avons un devoir imprescriptible de vigilance pour détecter les conflits d’intérêt.

J’écris sans savoir qui peut lire et s’intéresser à ce que je pense.

C’est compliqué de partager des idées dans un système où la censure médiatique, les difficultés de diffusion et de partage s’ajoutent à des habitudes de repli sur ses seules limites et impossibilités.

Donc j’écris sans savoir qui va lire. A la grâce des vents favorables ou défavorables

Colette TRUBLETCommentaire