Lundi 17 Avril 2017

Lundi de Pâques, et fête du livre à Bécherel. Beaucoup de visiteurs ; le temps est beau et sec et froid quand même ; nous avons généralement, ici un défilé des fantaisies du temps breton sur les trois jours, pluie, parfois bourrasques, fraicheur, grand soleil en alternance. Les exposants se sont habitués…

Rien à voir avec les élections. Les promeneurs et leurs enfants, portés par l’atmosphère paisible du lieu, baguenaudent, musardent, vont de livres en étals, bavardent, s’installent sur les terrasses des cafés librairies, retrouvent des connaissances qui s’y sont donné rendezvous, se regroupent autour des conteurs, poètes et musiciens de rue. Il fait bon vivre.

A l’abri dans tous les livres et documents présentés au public, les auteurs, les écrivains, les philosophes, les artistes, les historiens et géographes, les aventuriers, les savants, tous, morts et vivants, donnent à penser, à réfléchir, à renouveler notre regard sur la vie, sur le monde tel qu’il va, tournoyant sur lui-même et lancé à toute allure dans les espaces infinis du cosmos sans que nous n’en ayons conscience. Tous ces regards lecteurs, toutes ces pensées habitées corps, coeurs et âmes semblent flotter ici, magnifiés ; une fraternité, qui s’ignore peut-être, ou qui n’ose pas se penser, s’infiltre pourtant et semble s’élever en spirale au-dessus de la Cité du

Livre, apaisée, enrichie à son insu d’une parole subtile qui devient phare et lumière quand elle sonne juste et clair. Oui il fait bon vivre ici.

Mais nous avons sans doute, en arrière-plan, l’inquiétude qui gagne du terrain. La fracture entre l’Europe de la finance et l’Europe des peuples, le chômage, le basculement des sociétés appauvries et menacées jusque dans leur santé par les dégâts écologiques, alourdissent l’avenir d’un poids qu’il faudra bien porter, de gré ou de force. Depuis que le monde est monde le bruit, la fureur, la destruction et les désastres côtoient toujours les forces de la créativité et du triomphe de la vie.

Grand bien fasse à notre futur président cet appel corps, coeurs et âmes que notre vote portera aux hautes fonctions qui scandent notre destin. Il ne pourra jamais ni mesurer ni assurer l’entièreté de la tâche et nous lui en voudrons. Il nous revient d’exercer notre responsabilité, de faire un choix entre les candidats, en fonction de notre intuition et de nos efforts honnêtes face aux enjeux, avec en point de mire, la justice, l’égalité et le respect des différences (homme, femme, enfants, couleurs de peau, capacités et limites) la fraternité, celle apprise en famille d’abord, puis dans la proximité de fait au sein d’un espace de vie, et de groupe et de peuple.

Nous avons choisi Emmanuel Macron … et Marine le Pen. Soulagement de n’avoir pas F.Fillon au second tour.

Mais nous avons d’autres problèmes.

Ma Parole du jour et de toujours : FRATERNITÉ !