Samedi 6 Mai 2017

Je prends du recul.

Nous allons entrer dans un nouveau quinquennat.

Monsieur Macron promet « un peu » de proportionnelle.

Il promet le renouvellement de la classe politique.

Pour le reste ses mesures ne touchent en rien au jacobinisme à l’oeuvre ni aux problèmes structurels qui permettent l’existence des paradis fiscaux et des conflits d’intérêts.

Alors ?

Que vont devenir les éléphants grincheux, les crocodiles avides, et leurs éminences grises : les hyènes de la finance ?

 J’imagine, dans les sombres couloirs des vieux partis politiques, la frénésie insupportable des vaincus et les lobbies opérant leur repli sur Bruxelles en s’apprêtant à revenir en force conquérir les esprits des nouveaux députés qui seront élus. Ils manqueront d’expérience (heureusement pour le changement, et malheureusement pour les risques), ils sont sans doute mal informés des dangers qu’ils nous feront courir s’ils écoutent des voix trop séduisantes et trop alléchantes. Seront-ils armés pour le combat, pour la sérénité, pour la détermination ?

La conquête des nouvelles places : C’est déjà bien si notre nouveau président bouscule les vieilles habitudes des professionnels de la politique. Le remplacement des têtes trop connues, trop rôdées dans les méandres des magouilles et des prébendes va sans doute faire son effet. Mais rien n’est gagné.

Les places stratégiques vont être chèrement disputées. Monsieur Macron a-t-il prévu de mettre ses troupes en garde ? Les a-t-il alertées ?

Et nous, aurons nous le droit de nous faire entendre à partir de nos besoins, localement, et à partir de notre créativité trop encadrée actuellement par une administration intolérante et stérilisante, manipulée par les intérêts d’élus locaux trop souvent avides de se faire réélire plus que de pousser ou d’accompagner nos innovations ? Séduire pour se faire re-élire consiste à ne fâcher personne et à multiplier les terrains de foot et les ronds points plutôt que favoriser des projets novateurs, donc incertains.

L’utilité de limiter le nombre des mandats serait une bonne initiative mais il y faudrait une certaine souplesse, par exemple en faisant monter à 80% le nombre de voix nécessaires à la reconduction d’un second mandat en cas de bonne prestation d’un élu.

Je ne pense pas que Marine le Pen puisse être élue.

Elle s’est montrée odieuse, indigne de la haute fonction qu’elle nous demande de lui confier. Elle et Monsieur Trump nous montrent à quelles extrémités peuvent se livrer des personnages atteint par l’ivresse du pouvoir. Hitler aussi avait été élu. Sommes-nous donc si désespérés, et nous aussi tellement aveuglés par la colère (cette mauvaise conseillère) pour céder à leurs indignes propositions de revanche ?

 

Nous sommes en danger. Les dangers qui nous guettent ne sont clairement identifiés par les candidats que de manière furtive. La complexité des solutions à trouver leur fait-elle craindre, soit de ne pas y comprendre tout ce qu’il faudrait, soit de ne pas savoir convaincre la foule des électeurs de l’utilité des mesures qu’ils préconisent ?

Les élus sont entre le marteau et l’enclume Le combat au sommet de l’Etat consistait jusqu’alors à sauver des bribes de projets. Les amendements réclamés par l’opposition paralysaient toute progression.

Comment demander à des élus de voter la diminution de leurs rémunérations ? Comment leur interdire de travailler pour leurs intérêts ? Comment les empêcher de voter des lois qui les favorisent dans un système qu’ils ont mis des années à construire ?

Ils se sont professionnalisés en dépit des protestations et du malaise populaire grandissant et ont mis en place une caste de privilégiés devenue aveugle et sourde à tout ce qui n’est pas leur carrière. Comment les obliger à lâcher prise, eux qui ont si bien su profiter de nous, leurs électeurs?

Le système a atteint ses limites.

L’administration maintient un statu quo sévère et paralyse les initiatives.

Le Fondamentalisme et le terrorisme Les fondamentalistes islamistes doivent se réjouir de semer la zizanie entre nous, et au plus profond du coeur de nos divers peuples d’Europe. Leur Islam menaçant nous renvoie à nos convictions ancestrales et à nos choix culturels comme à des tremplins sur lesquels nous allons vouloir rebondir avec nos convictions ancestrales les plus enracinées, les mieux expérimentées, les mieux rodées. 

Quelles sont nos convictions.

Avec nos ancêtres indo-européens pré-celtiques et celtiques, nous savons qu’une unique nécessité domine le destin de la condition humaine : C’est le trépas. Et sur ce socle-là nous avons construit et nous continuons à construire la fraternité et la solidarité, dans un mouvement où la vie triomphe dans les cycles vie-mort-vie.

Avec les Grecs (philosophie et agora) et les Celtes (égalité homme-femme) nous avons construit la démocratie et nous y déployons « les forces de l’esprit ».

Dans un large mouvement, comme dans un « fondu-enchainé » cinématographique, nous avons construit l’idée qu’un grand architecte de l’univers nous attendait dans un autre monde avec les trois religions du livre orchestrées successivement puis séparément par les juifs, les

Chrétiens et les Musulmans.

Des valeurs d’égalité, de justice, de respect des différences, émergent des réflexions des uns et des autres. Bon an mal an, des paroles phares éclairent l’ensemble de l’humanité à travers l’épais brouillard des errances qui prolifèrent. Le bien et le mal dansent toujours ensemble dans le coeur de chacun de nous, de chacun de nos peuples, dans chaque coeur humain.

La vocation de l’Europe : La PAIX

Et il semble bien qu’un phare puissant s’impose de plus en plus à l’Europe, en tant que terrain des deux dernières guerres, les plus meurtrières, et les plus effrayantes de toute l’histoire de l’humanité ; l’Europe est le lieu prédestiné pour y défendre la Paix et en faire progresser les conditions.

Quelle est la situation ?

Nous sommes les produits et les héritiers du vivant, et des vivants qui nous ont précédé, où que nous soyons. Nous sommes chacun minuscule, contraint dans un espace corporel qui est limité ; nous constatons que nous ne pouvons nous asseoir que sur une seule chaise à la fois ; seul notre esprit peut s’élargir aux dimensions de l’univers.

Nous devons tenir compte de frontières, individuelles puisque corporelles, familiales puisque source de toute vie, locales puisque les sociétés sont un nid commun à partager, puis régionales, puis mondiales, puis cosmiques.

Tout l’univers fonctionne comme un grand orchestre où chacun a sa place. Le seul Chef d’orchestre repérable, tellement réel, trop réel bien sûr, c’est le trépas, la mort elle-même. La vie de chacun au sein de sa famille et de son groupe de proximité dépend d’une prise en charge des besoins de chacun et de la reconnaissance des peuples qui ont fait société depuis la nuit des temps. Chaque peuple a évolué et a transmis peu à peu des manières d’être de savoir et de faire véhiculées par des cultures qu’ont portées des langues particulières, évolutives autant que diverses. Chacune est précieuse, comme chaque source peut l’être. Les nombreux peuples d’Europe, y compris ceux qui comme la Bretagne n’ont pas droit à faire fonctionner leur propre état, sont en train de redéfinir leurs frontières pour qu’elles se sécurisent les unes les autres et ainsi deviennent aptes à fédéraliser des efforts utiles à tous au bénéfice de la Paix.

Et la Paix, depuis la nuit des temps est notre objectif, notre vocation, notre espérance.

VOTER !

Avec toutes ces réflexions-là dans ma tête, je vais donc aller voter. Depuis les régions universelles dans lesquelles j’ai suivi les chemins de mes pensées sur la vie, la mort, la condition humaine, la fraternité, et la fidélité à mon héritage humain particulier, celtique et enfin breton, je vais voter, mettre dans l’urne un grain de sable parmi les autres, un grain de celte malgré tout, pour peu que je sois poète …

Demain, je dirai au Président qu’il veuille prendre en compte et en charge chaque grain de sable soigneusement pesé dans l’isoloir. Je lui dirai que « gouverner, éduquer, psychanalyser » sont trois choses impossibles qu’on fait quand même, condition humaine oblige. Je lui dirai qu’il a sollicité une place où il va être d’entrée de jeu attaqué, ridiculisé, malmené et qu’il devra avoir le souci de modifier le système pour que d’autres conditions nous permettent à tous de survivre, pour que la vie triomphe.

Et je continuerai à lui parler sans le voir ni qu’il soit contraint de m’écouter durant les jours qui vont suivre, quand il va mettre en place les nouvelles élections législatives.

Je me demande dans quel nouveau système il va nous embarquer ?

A-t-il bien réfléchi ?