Une histoire de trains

Vendredi 10 Février 2017

Je pense à ce que Monsieur Fillon nous montre et nous dit. On lui donnait le Bon Dieu sans confession. Son côté vieille France, sa femme délicieusement discrète et effacée, ses enfants charmants, sérieux, qu’on imagine en voie de réussir, tout ça faisait un tableau idyllique auquel certains avaient envie de faire confiance. Nous serions sa famille élargie, heureuse et bien protégée sous sa houlette aimante et bienveillante. Et nous oublierions de réfléchir. De plus on sentait bien qu’il allait dompter les récalcitrants et mettre tout le monde au travail, à l’abri de tous les dangers.

Et voilà qu’il nous montre comment il se sert de nous, à fond, pour s’enrichir en niant sa cupidité, un crime à nos yeux, autorisé par le système. Combien d’autres en font autant, à notre insu ? et en nous promettant de durs sacrifices ?

Nos élus sont ces gens intelligents qui montent dans un train partisan, qui les Républicains, qui les socialistes etc… et qui n’en descendent jamais parce qu’une fois lancés, ils ne le peuvent plus ou ne le veulent pas. Ils ne sont plus capables d’arrêter le train. Ils ne savent plus ce qui se passe dans les campagnes et dans les villes qu’ils traversent. Les contribuables paient.

Sauf que, nous ne sommes pas tous dans le même train. Donc on se méfie. C’est difficile la méfiance. Ça casse les rêves. Ça force au travail, à la réflexion, à l’aventure. Ça force à descendre du train pour vérifier les rails, l’état de la machine, des wagons …

Après nous nous demandons quels trains sont à notre disposition?

Il y avait le train de la droite, le train de la gauche, le train du centre, et le train du FN, qui cachaient tous les autres. Pourtant la moitié des gens restent sur les quais, dans l’incertitude et l’exaspération. Quand on paie autant d’impôts le moins qu’on puisse attendre c’est que les trains marchent, non ?

Mais voilà le train PS et le train de la droite ont tous les deux déraillé.

Le train de la gauche a loupé ses aiguillages dès 1983 avec François Mittérand. Dommage.

Récemment, François Hollande nous avait tous mis d’accord en disant « Mon ennemi c’est la finance » et comme il ne l’a pas vigoureusement combattue, le train PS a déraillé plus vite que prévu au bénéfice d’un vague socialisme libéral que personne ne sait expliquer.

Le train de la droite est resté longtemps sur le réseau secondaire avec Chirac dont le plus grand mérite a été de ne rien faire, rien dire et rien penser, mais avec un large sourire et moultes poignées de mains chaleureuses. Il a loupé l’aiguillage d’un rassemblement apaisant quand la gauche l’a aidé à dépasser le train du FN. Il n’a même pas imaginé la déception de ses électeurs …

Le train du Centre, plutôt une « micheline », toujours en mode discret, se promène dans les sentiers indistincts, mais poétiques, des sous-bois de l’hésitation, un aiguillages à droite, un aiguillage à gauche et jamais droit devant, tout seul.

Le train des verts est encore à l’usine. On y dispute ferme sur les outils à utiliser, sur le choix des aiguillages, sur la qualité des matériaux. Tout le monde sait qu’ils ont raison, donc tout le monde veut s’approprier leurs mérites. Ils sont l’avenir et ils sont enracinés dans le passé. Mais tout le monde les empêche de mettre leur train sur les rails et ils ne savent où donner de la tête, ni du feu vert …

Et puis il y a le train du FN qui marche encore au charbon et il ne fait pas bon mettre la tête dehors si on veut éviter les escarbilles. C’est le train poubelle de toutes les déceptions, les rancoeurs, les négligences, les aveuglements, parfois les rages et les espoirs de vengeance. C’est aussi, pour faire contre poids, les promesses auxquelles personne ne croit mais qui, bien mijotées, font un peu illusion. Quand on agite un panache blanc, ou quand on brandit une croix de Lorraine, avec les bras en V de la victoire, c’est comme au foot, on court après son plaisir et ses vibrations.

On ne réfléchit plus.

Il faut dire aussi qu’il y a le TGV du CAC 40 quand ce n’est pas le Jet pour la Jet Set qui, eux, les privilégiés, alimentent crûment les exaspérations et le désespoir des exclus, avec ses milliardaires aux commandes. Ils sont, cette année, huit personnages qui se partagent 50% de la richesse mondiale … C’est un scandale ! Une honte pour la condition humaine en charge du triomphe de la vie face à la mort.

Alors, même si 70 à 80% des électeurs potentiels s’intéressent à la politique, les files d’attente s’allongent dans les gares. Dans quel train monter?

Pour l’instant nous en sommes aux cellules de crises. Chaque candidat rivalise pour montrer ses atouts. Il faut un certain culot pour oser promettre carotte et bâton, ordre ou désordre, justice et équité, égalité et respect des différences. Le système actuel permet juste le contraire de nos attentes.

Michel Onfray constate : C’est la décadence, la faillite de la 5ème république; l’ennemi commun c’est le jacobinisme avec sa centralisation éhontée, tant des décisions que des richesses.

Il nous faut inventer une autre constitution. Paris ne doit plus tout diriger. L’administration étouffante et stérilisante qui sélectionne entre ceux qui savent s’en débrouiller parce qu’ils peuvent se payer les compétences des avocats d’affaires et ceux qui restent ahuris devant les complexités et les méandres des règlements, des directives et des lois, multipliées sciemment sous influence des lobbies pour que le commun des mortels s’y perde. Ce qui ensuite permettra de parler avec mépris de populisme.

Il nous faut d’autres trains.

Je ne sais pas vous, mais moi je dis, bien que toute seule dans mon coin : Profitons de ce moment où tous les trains sont à quai pour choisir où nous voulons aller.

Il faut mettre en chantier un train nouveau, capable d’être alternativement Micheline, TGV, TER ou tortillard pourquoi pas?

Il nous faut une sixième République. La 5ème a fait son temps. Elle est jacobine. Son administration est devenue notre persécutrice ; elle commande depuis Paris et rien ne nous est accordé sans des kilos de dossiers, des pages de signatures, des délais qui s’éternisent, des complications et des règlements à n’en plus finir. Nous étouffons sous un régime d’une démocratie répressive et d’une dictature de l’argent-roi.

Il nous faut une démocratie de proximité. Nos mairies en sont l’endroit utile et nos provinces sont à la bonne mesure d’une efficacité de terrain. Je dis que les peuples des Provinces sont les écoles premières de la fraternité. Et les frontières des uns peuvent garantir les frontières des autres, en voisinage convivial et fraternel, où chacun peut se sentir bien chez soi pour pouvoir être accueillant, à sa juste mesure.

Il nous faut des choix écologiques à l’échelle de l’Europe et du monde. Rappelons-nous : les nuages radioactifs de Tchernobyl ne se sont pas arrêtés à nos frontières.

Mettons en chantier un nouveau train dans lequel nous irons de wagon en wagon prendre des idées et des nouvelles des uns et des autres, tous différents mais tous guidés par une fraternité où chacun donnera et recevra selon ses aptitudes et ses besoins.

Luttons ensemble contre nos deux principaux ennemis : La finance (mondiale) et le centralisme jacobin (parisien).

En attendant, arrêtons de voter pour alimenter la décadence, et réinventons la démocratie.« L’humain qui se veut tel n’a qu’un seul devoir : l’INSOUMISSION = L’UN SOUS MISSION ! »Et surtout : N’ARRÊTONS PAS DE RÉFLÉCHIR

Je me résume Un Président génial et providentiel, ça n’existe pas. Pour vivre mieux et en paix nous ne devons jamais arrêter de réfléchir, de penser, parce que notre condition humaine est en charge du triomphe de la vie, à égalité pour tous face à la mort, en toutes différences les unes et les uns des autres, face à la vie.

Après les Celtes et les Grecs remettons sur ses rails le train de la démocratie. Nous avons besoin de règles pour nous organiser ensemble, du plus proche au plus lointain.

L’Europe a osé vouloir la Paix. Chaque commune, chaque peuple, doit pouvoir y trouver son

compte. Les frontières des uns peuvent garantir les frontières des autres en toute fraternité.

Un seul objectif pour tous : LE TRIOMPHE DE LA VIE.

Une électrice parmi d’autres : Colette Trublet

Colette TRUBLETCommentaire